Tom Lachance
Des contours flous, des couleurs abstraites, des formes incertaines. Tout semble flotter dans un magma hétéroclite pictural très doux et lisse. Puis, lentement l’objet se précise. Des traits palpables surgissent, des teintes éclatantes s’éclaircissent. De grandes veines noires parcourent la surface d’une diagonale à l’autre, alors que des filons charbonnés prennent des directions éparses. En se rapprochant, une multitude de mondes individuels se découvrent et flottent énergiquement dans un éther frémissant. Leurs formes et couleurs uniques s’enchaînent brusquement, sans préambule. Soudain, dans un immense changement de perspective, tout bascule sur le côté et est comprimé dans l’espace d’une longue ligne droite ondulée. De grands reliefs d’huiles depuis longtemps séchées créent crêtes et vallées dans une texture uniforme et grise. Tout semble bouillir dans un cataclysme tectonique avant de se cristalliser. Des traits familiers réapparaissent progressivement alors que tout se remet en place et un lent voyage est entrepris à travers des contrées déjà visitées. Les mondes, autrefois hétérogènes, baignent maintenant les uns dans les autres et dévoilent, comme une réponse attendue depuis longtemps, l’architecture qui les relie. Enfin, plongeant dans les profondeurs du microscopique, tout devient incertain et se fige dans un élan infini.