Tom Lachance
Au premier regard, la toile Composition en bleu (1950) de Marcelle Ferron (1924-2021) saisit par ses détails immensément précis de motifs striés minuscules s’enchevêtrant les uns avec les autres. Les teintes de bleu, bien qu’essentielles à l’oeuvre, sont pourtant fortement obscurcies par de long passages noirs et opaques, comme si certains gestes picturaux étaient soudainement interrompus par le vide spatial. Ces grandes étendues sombres couvrent en fait probablement une superficie supérieure aux motifs colorés, réalisant elles-mêmes une sorte de grande silhouette embrassant l’horizon. Quelques incongruités interviennent à certains endroits, notamment les quelques petites taches orangées ponctuant le bleu, le blanc et le noir.
De l’observation de l’oeuvre découle un grand sentiment de mouvement engendré par ces minuscules filaments qui serpentent au sein d’une obscurité grandissante.